La E-santé, nouvel eldorado des investisseurs ?

En plein essor depuis la crise sanitaire liée au COVID de la population, les services du numérique au service du bien-être de la personne, également appelés e-santé, attire de plus en plus les patients, les praticiens mais également les investisseurs. 

La France, pays le mieux doté en fonds d’investissement dans la e-santé en 2021, témoigne de ce phénomène par une levée de 577 millions d’euros par le secteur en une année. 

Quels sont les domaines dans lesquels il faut investir ? Quelles sont les perspectives sur l’investissement ? Quelles sont les précautions à prendre avant d’investir ? Petit tour d’horizon de l’investissement en e-santé.  

I – Les domaines en expansion

La e-santé se développe à grande vitesse et englobe différentes prestations pour répondre à différents besoins sanitaires.

Plusieurs tendances en matière de santé numérique se distinguent dès à présent comme : 

  • le diagnostic assisté qui comprend le télémonitoring, la digitalisation des essais cliniques ou la recherche en digitalisation de nouvelles thérapies 
  • les femtechs, technologies dédiées aux femmes (ex : application pour suivre son cycle menstruel, …) 
  • les applications mobiles et dispositifs connectés comme l’Apple Watch 
  • la réalité virtuelle utilisée pour la formation de professionnels de santé en reproduisant virtuellement leur univers de travail 
  • la retailisation : le fait que les patients exigent désormais vis-à-vis des produits et services de santé une expérience d’achat similaire à celle dans le commerce de détail 
  • l’intelligence artificielle permettant les opérations assistées, le suivi des patients à distance, les prothèses connectées, … 
  • Les thérapies digitales, thérapies fondées sur des preuves et conduites par des logiciels pour prévenir, gérer ou traiter un trouble médical ou une maladie.

II – Les perspectives sur l’investissement en e-santé 

Dans le rapport Global Health Outlook 2020, la société de conseil Frost & Sullivan estime à 234, 5 milliards de dollars la valeur de la e-santé à l’horizon 2023, soit une hausse de 160% de la valeur du marché mondial. 

Favorisé par vieillissement démographique ainsi que l’augmentation des maladies chroniques, la e-santé est une nouvelle forme incursion du numérique dans nos vies personnelles.  

Toutefois, l’expansion annoncée ne pourra pas être uniforme car si aux Etats-Unis et en Chine peuvent déployer les innovations médicales facilement en raison de la taille de leur population, d’autres pays comme ceux d’Afrique ne peuvent recourir à la e-santé de manière aussi fréquente en raison d’un manque de médecins sur le territoire.  

En outre, la course à l’innovation est mondiale et l’Europe ne peut véritablement agir comme un acteur économique à part entière en raison des diversités de législations en matière médicale ainsi que les différences culturelles inhérentes aux Etats membres.  

Cependant, la e-santé française reconnue à l’international et soutenue par des acteurs historiques de santé (mutuelle, laboratoire, …), semble avoir de beaux jours devant elle. D’autant plus, que ce développement est soutenu par l’Etat qui s’est engagé à investir 19 milliards d’euros pour la santé dans la prochaine décennie et aide au développement d’innovations comme le dossier médical partagé ou encore le Health Data Hub, plateforme publique des données de santé.  

III – Quelques précautions à prendre avant d’investir  

Si vous pensez investir dans la e-santé, faites attention à ce que le public utilisateur soit formé à la e-sante ! En effet, à ce jour, la e-santé et ses techniques ne font pas partie de la formation initiale des médecins. Ainsi, un véritable travail de pédagogie est à amorcer pour familiariser les médecins de profession avec les nouveaux dispositifs et leur démontrer leur plus-value dans la relation patient/médecin.  

En outre, faites attention à la compliance de la technologie avec le règlement général sur la protection des données personnelles (“RGPD”). Le RGPD précise que les données concernant la santé sont des données sensibles pour lesquelles il convient de recueillir de manière expresse le consentement de la personne pour sa collecte.  

Dans ce cadre, il est nécessaire d’organiser un traitement de données personnelles pour se conformer à la législation en tentant un registre, informant les personnes sur leurs droits et surtout en sécurisant les données en prenant des mesures informatiques et/ou physiques nécessaires.  

Nouvel eldorado des investisseurs, la e-santé n’en demeure pas moins un investissement lié aux contraintes de la médecine !  

Célia Da Costa Cruz

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